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Éditorial

Journée de la femme : le tabagisme des femmes, défi majeur de santé publique

Les derniers résultats du baromètre de Santé Publique France montrent une baisse du tabagisme de manière générale, dans notre pays, sauf … pour les femmes. Au fil des décennies, l’industrie du tabac, par un marketing actif et multidimensionnel, a su associer chez trop de femmes la cigarette à l’émancipation, à l’audace, au glamour. Malheureusement, les conséquences sont là et elles sont dramatiques.

Depuis les années 1970, le tabagisme des femmes n’a cessé d’augmenter. Dans un proche avenir, le cancer du poumon tuera plus de femmes que le cancer du sein. La lutte contre le cancer a fait de formidable progrès mais il reste des cancers difficilement curables dont le poumon fait partie. Ce cancer jusqu’ici masculin se féminise et l’épidémie ne fait que commencer.

« Les derniers chiffres montrent que le taux d’incidence du cancer du poumon est resté stable sur la période 1990-2018 chez l’homme (-0.1% par an) mais que sur la période 2010-2018, une légère décroissance a été observée (-0,3% par an). Chez la femme en revanche il a augmenté en moyenne de 5,3% sur la période 1990-2018 et cette augmentation reste élevée sur la période récente (+5% par an entre 2010 et 2018)" explique un responsable de l’Institut National du cancer. Selon les projections, le cancer du poumon chez la femme devrait augmenter de 43% à l’horizon 2030.

Les autorités de santé prévoient d’ailleurs globalement une explosion des maladies liées au tabagisme des femmes dont notamment la BPCO. Les décès par infarctus notamment chez des jeunes femmes sont en nette augmentation et, là aussi, la cigarette n’est jamais loin.

La sensibilité particulière des femmes au tabac est aussi en cause. Pour un même nombre de cigarettes fumées, les femmes ont un risque d’infarctus ou de BPCO plus élevé que les hommes. Sur le terrain de l’addiction, les femmes ne sont pas égales aux hommes. Il est impératif de faire de la prévention prioritairement sur les femmes.

La France détient, en outre, un triste record : l’un des plus forts taux de la consommation de tabac durant la grossesse en Europe. Les conséquences, souvent minimisées sont pourtant loin d’être anodines. Fumer a un impact direct sur l’appareil reproducteur féminin. Les fumeuses ont des ovules de moins bonnes qualités et ont plus de difficultés à tomber enceintes. Elles ont aussi plus de risques de fausses couches.

Durant la grossesse, elles augmentent le risque de prééclampsie mais exposent aussi au risque de retard de croissance intra-utérin. L’exposition au tabac in utero peut avoir de multiples conséquences mais il semblerait que le rôle du tabagisme dans l’explosion des TDHA (troubles du comportement de l’enfant) soit confirmé.

La femme est pourtant la clé pour arrêter ce cercle infernal. La femme, pour être l’égal de l’homme, n’a pas besoin de reproduire leurs addictions !

Bonne lecture,

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