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Éditorial

  Grossesse et Tabac, une priorité de santé publique     Une nouvelle étude scientifique, réalisée par une équipe dirigée par le docteur Ivan Berlin, permet de remettre le focus sur le problème du tabagisme et de la grossesse.     DNF n’a cessé d’alerter sur ce sujet qui devrait être une priorité forte de santé publique. En 2011, notre association avait déjà publié un rapport, appuyé sur un comité scientifique et un site www.grossessesanstabac.fr, dont les constats et propositions sont toujours d’actualité.    Nous y avons aussi consacré des publications de vulgarisation scientifique, ou des écrits destinés aux décideurs publics comme le récent Cahier du CRAPS (Club de Réflexion sur l’Avenir de la Protection Sociale) réalisé avec DNF qui comporte une partie sur cette question essentielle.    Ces efforts, ainsi que ceux d’autres acteurs engagés, n’ont malheureusement pas encore permis de modifier radicalement la situation. Le tabagisme durant la grossesse est un sujet souvent mal évalué durant les consultations obstétriques. Trop de professionnels de la périnatalité minimisent encore les risques en conseillant à leurs patientes de ne pas dépasser les 5 cigarettes par jour.    Et ces conseils erronés, qui confortent certaines futures mamans dans leur tabagisme, sont lourds de conséquences  ; notre pays détient le triste record européen en matière de prévalence tabagique chez la femme enceinte  : 20 % fument durant toute leur grossesse  !(Baromètre santé INPES 2014)    Pourtant les méfaits du tabagisme, actif ou passif, durant la grossesse sont de mieux en mieux connus au fil des études  : accouchements prématurés, retards de croissance, risque de fausse couche spontanée multiplié par deux, poids de naissance inférieurs à la moyenne par exemple. Ces risques s’étendent également post-grossesse  : possibilité de mort subite du nourrisson multipliée par 2 voire 3, perturbation du fonctionnement de l’appareil respiratoire. Certains nourrissons souffrent même du syndrome de sevrage tabagique lorsque la mère est particulièrement dépendante.    Le tabagisme durant la grossesse jouerait aussi un rôle dans l’explosion des maladies liées aux troubles du comportement comme l’hyperactivité.  Certaines recherches tendent même à démontrer que les bébés de mamans fumeuses auraient des cerveaux plus «  petits  » et seraient davantage anxieux.  Ces risques sont loin d’être anodins, d’autant plus que près de 160 000 bébés naissent chaque année dans notre pays en ayant été exposés au tabagisme.    La nouvelle étude est donc une très utile piqure de rappel. L’équipe dirigée par le Docteur Ivan Berlin y démontre que diminuer sa consommation à moins de cinq cigarettes au cours de la grossesse n’empêche pas une réduction significative du poids de naissance du bébé.    Les conclusions de l’équipe font état d’une perte moyenne de poids de naissance - en tenant compte d’autres facteurs comme l’âge gestationnel, le sexe du nouveau-né, l’antécédent de retard de croissance intra-utérin ou le poids de la mère avant la grossesse - de 228 grammes si la mère a fumé moins de 5 cigarettes/jour par rapport au poids de naissance des bébés dont la mère a complètement arrêté de fumer.    Dans ces conditions, il est plus que temps d’agir. Les propositions existent  : insertion d’un enseignement de tabacologie dans la formation initiale et continue des professions de santé  ; mise en place de consultations dédiées au traitement du tabagisme dans toutes les maternités  ; prise en charge globale du tabagisme des femmes enceintes  ; accompagnement du partenaire…    La protection de nos enfants contre les méfaits du tabac commence in utero. C’est une priorité absolue de santé publique. Elle doit faire partie de cette ambition française en matière de lutte contre le tabagisme que le prochain quinquennat doit illustrer. DNF continuera à mener ce combat avec vigilance et détermination.    Bonne lecture,   
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