Actualités

Éditorial

Dénormaliser le tabac chez les adolescents : la méthode 2.0

Chacun sait que les efforts marketing de l’industrie du tabac ciblent prioritairement les adolescents : ce sont les fumeurs de demain. Par tous les moyens, cette industrie pas comme les autres, dont les produits tuent prématurément un fidèle consommateur sur deux, tente de séduire cette population en pleine recherche d’identité afin de les amener doucement vers le tabagisme.

Alors que les possibilités légales de promotion sont de plus en plus réduites pour les fabricants, les réseaux sociaux leur sont vite apparus comme une véritable vitrine. C’est ainsi que ce sont les adolescents eux-mêmes qui y partagent les images positives du tabac à travers de belles photos où la cigarette est glamourisée. Pis encore, l’explosion de YouTube aura permis à l’industrie de s’offrir de superbes films publicitaires tournés par les jeunes. Ces vidéos, nommées « Smoking Reviews », sont des présentations des différentes caractéristiques d’une marque où les jeunes, tout en fumant, expliquent à ceux qui les regardent que telle marque est plus « sympa » que telle autre.

De ce fait, il y a une disproportion immense entre la part du tabac sur les réseaux sociaux et les messages de prévention du tabagisme sur ceux-ci. Notre pays est touché par ce phénomène très fortement, d’autant plus que les messages de prévention dédiés aux adolescents sont presque inexistants.

Un projet DNF, soutenu financièrement par la Ligue nationale contre le cancer, vient de voir le jour. Il s’agit précisément d’une plateforme de prévention web dédiée aux jeunes et qui sera animée par les jeunes. La prévention par les pairs consiste, en effet, à laisser les adolescents porter les messages prévention vers d’autres jeunes.

La prévention auprès de ce public particulier est particulièrement compliquée. D’abord, les comportements des adolescents évoluent vite. Code, langage, habitude de consommation, tout est mouvement perpétuel. Les adultes sont rapidement hors de cet univers et il est assez souvent maladroit d’essayer de parler jeune. Crédibilité zéro. Ensuite, une campagne de prévention réalisée par les « adultes » risque d’être associée aux parents et à un discours moralisateur et sanitaire que les adolescents rejettent instinctivement.

Poser une question

 Dernières questions

  • Faites un don
  • Rejoindre DNF
  • Echanger sur Facebook
  • Espace presse
  • Inscription à la lettre bimensuelle