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Éditorial

Lutte antitabac et commerce international

Si l’on peut concéder quelque chose à l’industrie du tabac, c’est qu’elle n’est certes pas embarrassée de scrupules ni ne manque d’imagination pour défendre son fonds de commerce : la vente de produits qui tuent prématurément près d’un consommateur sur deux. Cette industrie, pour le moins particulière, mène un combat tous azimuts contre les efforts visant à contrôler le fléau de santé publique engendré par le commerce de ses produits.

Il y a, naturellement, les tentatives récurrentes pour contester ou minimiser, avec la complicité intéressée de certains scientifiques et autres experts dévoyés, les terribles ravages sanitaires, sociaux-économiques et financiers causés par le tabac. L’émission d’Elise Lucet, Cash Investigation, diffusée sur France 2 le 7 octobre dernier, en donnait encore une illustration particulièrement sordide : l’industrie du tabac a cherché à démontrer que l’ampleur démesurée pour la société des coûts de la prise en charge de ses victimes devait être réduite du « gain » (sic) représenté par la mort précoce de tant de personnes qui, sans cela, auraient grevé lourdement les budgets sociaux avec le paiement de leurs pensions de retraite et le coût de leur éventuelle dépendance.

L’industrie du tabac s’oppose, également, à toute réglementation ou action publique destinée à réguler son activité mortifère. Malheureusement, trop d’Etats fragiles, ou trop de politiques peu sourcilleux dans les nations plus développées, se font encore les complices ou les idiots utiles des cigarettiers et de leurs divers relais dans la société civile. Optimisant ainsi sa pression, l’industrie du tabac peut obtenir parfois le maintien des politiques publiques qui lui sont favorables, contrer souvent certaines tentatives de contrôle, retarder plus encore l’adoption de mesures défavorables à son commerce de mort. Pour une industrie dotée de bénéfices colossaux, chaque jour gagné est une victoire financière non négligeable.

Néanmoins, malgré tous ses infâmes efforts, l’industrie du tabac est confrontée à un mouvement véritablement international vers un meilleur contrôle du tabac. La ratification de la Convention-Cadre pour la Lutte Anti-Tabac (CCLAT) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), par la plupart des pays au monde, en est l’exemple emblématique. Les efforts courageux de nombreux gouvernements, sur tous les continents, sont aussi un signal d’alerte pour les industriels du tabac. Sentant le vent du boulet et jamais à court d’idées, les cigarettiers ont repris l’offensive en utilisant les accords internationaux, bilatéraux ou multilatéraux, de libre-échange. A l’heure de la mondialisation et de la libéralisation des échanges, tous les Etats du monde sont, en effet, enserrés dans un tissu particulièrement consistant de normes internationales issues d’une multitude de traités et conventions. Parmi ceux-ci, ce sont particulièrement les conventions internationales de promotion et de protection des investissements qui sont utilisées par les cigarettiers. Pour ne prendre que l’exemple de notre pays, la France a conclu près d’une centaine de ces conventions internationales sur l’investissement. Or

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