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Éditorial

La lutte contre le tabagisme est un combat global.

C’est un combat global, car ce fléau affecte toute la planète et porte atteinte à l’humanité sous tous les cieux.

C’est un combat global, mais il doit se fonder sur des analyses et des réponses prenant en compte la multiplicité des situations au regard de cette addiction mortifère et malheureusement universelle.

Parmi ces différences à étudier et à prendre en compte, les questions de genre sont essentielles. Malheureusement, les études, les recherches, les comparaisons internationales sur les bonnes pratiques, sont encore insuffisantes dans ce domaine. Néanmoins, ce que nous en savons déjà est alarmant.

En effet, ce sont près de 250 millions de femmes qui fument quotidiennement (contre 1 milliard d’hommes) et le tabagisme féminin progresse à un rythme soutenu et continu alors que celui des hommes décline. De ce fait, alors que la prévalence tabagique est estimée aujourd’hui à 12% chez les femmes au niveau mondial, elle atteindrait 25% en 2025.

Dans les pays développés, cette problématique affecte tout particulièrement les femmes des catégories sociales défavorisées.

La catégorie des jeunes filles et femmes des pays en voie de développement est, quant à elle, décrite par l’industrie du tabac comme un marché inexploité et stratégique. Les cigarettiers peuvent y déployer un marketing et une stratégie bien rodés pendant des décennies dans nos pays développés : campagnes de publicité et de promotion associant le fait de fumer à la beauté, à la maturité, à la libération de la femme, au prestige, au glamour et, terme anglo-saxon intraduisible, à l’empowerment ; parrainage de sportifs ou d’artistes féminins ; mécénat orienté sur des causes de défense des femmes, visant à marquer le soi-disant engagement social et citoyen des multinationales du tabac ; conception de produits, packaging et dénominations destinés à séduire le marché féminin.

Outre l’ampleur de l’épidémie industrielle de tabac chez les femmes, ses effets ne recoupent pas exactement ceux causés chez les hommes. Le tabac est un facteur de risques spécifiques aux femmes : cancer du sein, cancer du col de l’utérus, problèmes de fertilité, enjeux liés à la grossesse, plus grande exposition au tabagisme passif...

En outre, les études existantes montrent qu’elles auraient également plus de difficulté à arrêter mais qu’elles seraient plus sensibles à l’effet des augmentations des prix des produits du tabac.

C’est donc une dimension fondamentale pour la lutte antitabac.

La Convention-Cadre de Lutte Anti-Tabac (CCLAT) de l’OMS l’avait d’ailleurs bien perçu, puisque son préambule exprimait l’inquiétude des Parties devant l’augmentation de la consommation féminine de tabac et la nécessité d’adopter des « stratégies sexospécifiques de lutte antitabac » .

Gageons que cette question sera prise en compte par la nouvelle Ministre de la santé, dont DNF a pu mesurer vendredi dernier, lors d’une réunion du Comité de coordination du Programme National de Réduction du Tabagisme (PNRT), la détermination à lutter contre ce fléau.

Pour aller plus loin, voir les articles publiés dans la revue Tobacco Control ici et , ainsi que le document adopté lors de la COP7 à New Delhi.

Bonne lecture !

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