L’association DNF relance Ma Terrasse Sans Tabac, un programme qu’elle porte depuis 2019 et qui bénéficie désormais d’un refinancement du Fonds de lutte contre les addictions. Ce nouvel élan intervient dans un contexte où la lutte contre le tabac connaît une accélération nationale : depuis le 1ᵉʳ juillet, l’interdiction de fumer s’est étendue à de nombreux espaces publics pour mieux protéger la population. Pourtant, un lieu majeur demeure absent de ces avancées : les terrasses de cafés et restaurants. C’est précisément là que l’action de DNF prend toute son importance.
Depuis 2020, les enquêtes d’opinion montrent une demande remarquablement stable : les Français souhaitent des terrasses sans fumée. Cette attente traverse toutes les générations, mais elle est particulièrement forte chez les jeunes adultes et les moins de 35 ans, qui figurent parmi les plus gros utilisateurs de ces espaces. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 89 % des Français affirment qu’ils fréquenteraient autant, voire davantage, les terrasses si celles-ci devenaient non-fumeurs. Même les fumeurs et vapoteurs, que l’on imagine spontanément réticents, se montrent majoritairement indifférents à une éventuelle interdiction, certains allant même jusqu’à dire qu’ils viendraient plus souvent.
Pourtant, ces données contrastent avec les représentations encore très ancrées dans le secteur. Beaucoup de professionnels de la restauration restent persuadés que les fumeurs constituent une part essentielle de leur clientèle et qu’une terrasse sans fumée ferait chuter leur fréquentation. C’est pour dépasser ces idées reçues, et non pour imposer un modèle uniforme, que DNF fait évoluer Ma Terrasse Sans Tabac vers une démarche fondée sur la preuve et le dialogue.
Le programme renouvelé repose sur un ensemble d’études destinées à documenter les réalités de terrain. L’association engage des mesures de qualité de l’air dans des établissements pilotes, une analyse approfondie des attentes et comportements des consommateurs, ainsi qu’un travail d’objectivation de l’impact économique pour les restaurateurs. L’enjeu est de confronter les perceptions à des données tangibles, afin que chacun puisse comprendre ce que produirait réellement une terrasse non-fumeurs, au-delà des intuitions.
En parallèle, DNF reprendra contact avec les syndicats professionnels pour installer un espace d’échange et de préparation. La question n’est pas de savoir si les terrasses devront, un jour, évoluer ; les évolutions réglementaires récentes montrent que la société avance vers des environnements extérieurs mieux protégés. La vraie question est de savoir comment accompagner la profession pour que ce changement ne soit pas subi, mais anticipé et maîtrisé. Les terrasses sont aujourd’hui l’une des dernières zones où la fumée reste omniprésente, et les Français n’y sont plus favorables depuis longtemps. Il est donc essentiel d’ouvrir la discussion maintenant.
Avec ce refinancement, Ma Terrasse Sans Tabac entre dans une nouvelle phase. Le programme s’appuie sur l’expérience acquise depuis 2019, tout en adoptant une approche plus démonstrative, plus collaborative et plus proche des préoccupations des professionnels. Il ne s’agit pas de brusquer, mais de permettre aux acteurs du secteur de comprendre les enjeux, de disposer de données fiables et de participer à la construction du modèle de demain.
Alors que la plupart des espaces publics sont désormais protégés de la fumée, les terrasses deviennent l’un des derniers lieux où la transition reste à engager. À travers Ma Terrasse Sans Tabac, DNF propose d’en faire une évolution préparée, réfléchie et bénéfique pour tous : les professionnels, les usagers, et l’espace public lui-même.
