Bonjour,
Ma voisine du dessous fume du cannabis à haute dose ( ça sent dans les parties communes mais la où l’odeur est la plus forte, c’est chez moi ! : la fumée monte et rentre dans mon logement si mes fenêtres sont ouvertes.
Comme tout le monde, j’aimerais bien pouvoir aérer mon logement et profiter du printemps qui arrive en ouvrant mes fenêtres en journée et même la nuit en été.
Le cannabis est psycho actif : mon âge et ma santé ne me permettent plus de respirer ces substances.
Le renouvellement de l’air se fait lentement car mon appartement n’est pas traversant : pas possible de faire courant d’air.
Seul le vent, s’il y en a, finit par évacuer la fumée ; mais la voisine fume toute la journée ( par période).
J’ai essayé de résoudre le problème à l’amiable : elle m’a répondu qu’elle avait le droit de fumer chez elle, et qu’elle fumait du cannabis thérapeutique ( ce qui est faux !).
Hier à nouveau, obligée de fuir mon appartement… j’ai à nouveau sonné chez elle : elle ne répond plus…
Que puis-je faire ?
Je vivrai mal un conflit de voisinage donc c’est très stressant…
Bien cordialement,
Mme L
Réponse
L’interdiction de fumer, dont les conditions sont prévues à l’article L3512-8 du code de la santé publique, ne s’applique pas dans les lieux d’habitation privatifs. De plus toute relation de voisinage est de nature à causer des troubles qui, s’ils ne dépassent pas les limites de l’acceptable, doivent être soufferts sans recours possible.
S’il ne s’agit pas d’une infraction à la loi Evin, vous pouvez cependant demander que soit mis fin à ce trouble anormal de voisinage mais à condition d’en démontrer la réalité.
Le rôle du bailleur : Les nombreuses plaintes que DNF relaie auprès des décideurs font cependant avancer la prise en compte de ce problème récurent du tabagisme passif. Ainsi, la « loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs » a-t-elle été modifiée en décembre 2019. Son article 6 précise désormais que «
- Le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé«
- Qu’il doit assurer au locataire la jouissance paisible du logement et, sans préjudice des dispositions de l’article 1721 du code civil, de le garantir des vices ou défauts de nature à y faire obstacle
Le site Service-public.fr détaille parfaitement bien les procédures à suivre pour tenter de mettre fin aux troubles anormaux de voisinage par nuisances olfactives. Le caractère anormal de la nuisance doit être confirmé, dans de son intensité, sa fréquence et sa durée, par deux ou trois témoignages
Comme cela vous est conseillé dans sevice-public.fr, faites appel au conciliateur de justice. Vous pourrez ainsi obtenir, éventuellement mais gratuitement, un règlement amiable du différend et participer à l’œuvre essentielle de sensibilisation des pouvoirs publics au problème de la pollution tabagique de voisinage.
Vous pouvez également déposer une plainte au commissariat ou à la gendarmerie dont vous dépendez. En effet, les effets rapides des produits interdits (psychoactifs) sur la santé et le comportement nécessitent une intervention des services de police ou de la justice. Si cette requête n’est pas suivie d’effet, vous pouvez déposer une plainte entre les mains du procureur de la République . D’autres habitants de votre immeuble pourraient participer à votre requête si l’odeur envahit les parties communes.