Editorial

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de publier sa nouvelle édition du rapport sur l'épidémie mondiale de tabagisme. Ce document (uniquement en anglais) fait une cartographie de la lutte antitabac et met en exergue les nombreuses mesures que les pays doivent encore mettre en oeuvre pour protéger la population mondiale.

L'organisation rappelle que le tabac tue plus de 8 millions de personnes chaque année. La consommation de tabac est l'une des plus graves menaces ayant jamais pesé sur la santé publique mondiale.

Dans ce contexte, la plupart des pays ont mis en place avec succès des mesures de lutte contre l'épidémie mondiale de tabagisme- conformément à la Convention Cadre de l'OMS pour la lutte antitabac. Dans ce contexte de désaffection globale pour les produits du tabac, les industriels repensent leurs produits et promeuvent des dispositifs inédits dont ils envahissent les marchés Nord et contre lesquels le rapport de l'OMS nous met en garde.

L'industrie du tabac développe notamment de nouveaux produits à base de tabac chauffé. Ce sont des dispositifs qui évitent la combustion du tabac au profit d'un mécanisme permettant de diffuser un aérosol contenant de la nicotine. Il s'agit notamment des produits iQOS de Philip Morris International, Ploom de Japan Tobacco International, glo de British American Tobacco, et des vaporisateurs PAX de PAX Labs. Selon les fabricants, ces nouveaux produits du tabac permettent de réduire grandement les risques sanitaires liés à l'émanation des gaz de la combustion. Néanmoins, une évaluation indépendante des données de l'industrie a révélé que plus de 20 substances chimiques nocives ou potentiellement nocives sont présentes en quantité nettement plus élevée que dans la fumée de cigarette.

La cigarette électronique, si elle ne constitue pas un produit du tabac, demeure selon l'OMS un grave sujet de préoccupation pour la santé publique. Si les cigarettes électroniques (appelées aussi « e-cigarettes », « e-cigs », « vapes » ou « e-shishas ») diffèrent dans la manière de produire des substances toxiques et de délivrer de la nicotine, elles constituent toutes un danger pour la santé. Les ventes de ces produits sont en forte expansion notamment grâce à la publicité sur les réseaux sociaux qui vise un public extrêmement jeune. L'organisation fustige d'ailleurs les marchands en rappelant que ces derniers captent cette jeune clientèle grâce à des arômes acidulés- en témoignent les saveurs mangue ou pomme de la e-cigarette "Juul". Selon l'OMS, les effets à long terme des inhalateurs électroniques de nicotine restent inconnus, et des recherches plus poussées sont nécessaires.

Néanmoins, le rapport avance déjà certaines conclusions en défaveur de ces nouveaux dispositifs. L'utilisation de produits contenant de la nicotine sous quelque forme que ce soit par les jeunes et les femmes enceintes, y compris les inhalateurs électroniques de nicotine, présente un danger. De plus, pour tous les utilisateurs d'inhalateurs électroniques de nicotine, l'aérosol inhalé contient des substances toxiques qui peuvent accroître le risque de cancer ou de maladie cardiovasculaire ou pulmonaire.

Il existe également des préoccupations en matière de sécurité liées au risque d'explosion des composants des inhalateurs électroniques de nicotine ou d'intoxication due à l'absorption accidentelle de nicotine. Des cas de batteries de cigarettes électroniques défectueuses provoquant des incendies ou des explosions ont été rapportés.

Le débat autour de la cigarette électronique reste ouvert. Si celle-ci peut constituer dans certaines conditions un adjuvant pour le sevrage tabagique, elle peut également constituer une porte d'entrée vers le tabagisme en créant de l'addiction à la nicotine chez les plus jeunes. Sur cette question, le rapport de l'OMS conclut qu'il est encore trop tôt pour pouvoir se prononcer.


Bonne lecture,

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