Editorial



Le 31 mai, journée mondiale sans tabac, est toujours une piqure de rappel. Une occasion de sensibiliser sur les dangers du tabac et les enjeux de la lutte contre ce fléau de santé publique.

Cette année, le focus est mis sur les maladies cardiovasculaires. 25 % des décès cardiovasculaires sont directement dus au tabac. Chez les femmes, la proportion monte même jusqu'à 30%. Trop de personnes méconnaissent cela, croyant encore que les conséquences sanitaires du tabac se limitent (sic) au cancer. Trop de familles sont endeuillées ainsi. Trop de jeunes femmes, particulièrement dans notre pays, persistent à fumer durant leur grossesse, mettant en péril la santé de leur enfant à naître.

Pourtant, nous ne sommes pas désarmés. Les solutions existent, elles sont connues, fondées sur des preuves scientifiques abondantes. C'est la volonté politique, face à une industrie puissante et agissante, qui fait parfois défaut.

Pourtant, lorsque la détermination des décideurs publics est là, les résultats sont bien présents. Après le PNRT porté avec tant de courage par Marisol Touraine, plan global incluant le paquet neutre, le nouveau Plan National de Lutte contre le Tabac (PNLT) d'Agnès Buzyn s'inscrit dans la continuité tout en amplifiant certaines pistes tracées dans le PNRT. L'objectif d'une première génération sans tabac, en 2032, est posé. En outre, ce PNLT est articulé avec la hausse importante de la taxation des produits du tabac, destinée à produire un effet prix décisif, ainsi qu'avec le lancement effectif du Fonds destiné à financer la prévention et la recherche sur le tabagisme.

La volonté porte des fruits : Un million de fumeurs de moins entre 2016 et 2017 !
Il faut souligner que c'est même la première fois, depuis 18 ans, qu'on observe une baisse parmi les catégories défavorisées : 34% des personnes qui touchent les revenus les moins élevés étaient des fumeurs en 2017 contre 38,6% en 2016. De même, 43,5% des chômeurs fumaient en 2017 contre 49,7% en 2016.

Le tabagisme chez les adolescents continue de reculer : -23% depuis 2014. Néanmoins, un adolescent sur quatre est encore fumeur.
Il est nécessaire de continuer à dénormaliser le tabac et le rendre moins attrayant.
C'est d'autant plus indispensable que l'industrie du tabac est toujours en mouvement, toujours prête à lancer de nouveaux produits, à conquérir des marchés, à contrer les politiques de santé publique.

Hier, au Parlement européen, le réseau européen de prévention du tabagisme ENSP, la société européenne des maladies respiratoires ERS, DNF et d'autres partenaires organisaient une réunion avec des experts internationaux sur les nouveaux produits du tabac. Le tabac chauffé, cette tentative de l'industrie du tabac de se présenter comme un soi-disant acteur de la réduction des risques, ce moyen d'essayer d'échapper à la législation sur l'interdiction de fumer ou à la taxation, est la nouvelle priorité stratégique de l'industrie.

Au cours de cette journée, Patricia Lambert, juriste internationale de grand acabit, a souligné également le danger d'une nouvelle e-cigarette : JUUL.
Ce produit, présenté sous forme de clef USB (avec des recharges aux goûts sucrés et à forte teneur en nicotine), au marketing particulièrement abouti, séduit de nombreux adolescents américains et provoque une véritable addiction à la nicotine.
Le phénomène est tel qu'on parle de « JUULING ». Ce produit représente déjà 30% des ventes de e-cigarettes sur le marché américain et provoque une véritable inquiétude des autorités américaines. Même s'il n'est pas encore vendu sur le marché français, il est déjà disponible sur internet.

Face à cette guerre, car c'en est une, une guerre de mouvement, seule une volonté politique sans faille, appuyée sur une mobilisation forte de la société civile, peut défricher le chemin vers une première génération sans tabac. C'est ce que Marisol Touraine a rappelé, hier, au Parlement européen, dans une puissante et émouvante intervention.


Bonne lecture,

Actualités

Domicile

Questions sur la loi

Association - Club privé

Cafés - tabacs

Conformément à la loi Informatique et Libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des informations vous concernant auprès de DNF par Internet en écrivant à webmaster@dnf.asso.fr ou par courrier, 13 rue d'Uzès - 75002 PARIS. Pour vous désabonner, cliquez sur le lien suivant : {LINKS}.