Editorial

Les mégots : un fléau pour l'environnement, un défi à relever

Chaque minute, dans le monde, huit millions de mégots sont jetés !

Rien qu'à Paris, les agents municipaux ramassent annuellement près de 350 tonnes de mégots. Surfrider, une association dédiée à la préservation des océans, a ainsi ramassé près de 15 000 mégots en moins d'une heure à Paris autour du Canal de L'Ourcq.

Ces mégots, ils jonchent nos trottoirs, nos rues, l'espace public.
Outre le coût élevé du ramassage et du traitement de ces déchets, ils sont une cause non négligeable de pollution. Les filtres contiennent, par exemple, des substances nocives qui se libèrent dans les réseaux d'assainissement des eaux, non équipés pour les traiter. Nicotine, phénols et autres métaux lourds se répandent dans les eaux des stations d'épuration. Or, on estime qu'un seul mégot peut polluer 500 litres d'eau. Pis encore, cette pollution est durable, puisqu'un mégot peut mettre jusqu'à 12 ans pour se dégrader totalement.

Face à un tel défi, pour l'heure, ce sont les collectivités territoriales qui réagissent, alors que les tentatives législatives ont toutes échoué jusqu'à présent.
La première a été la Mairie de Paris, fin 2015, qui a adopté une politique de répression renforcée. Jeter un mégot sur la voie publique est, depuis lors, passible d'une amende de 68 euros. Après une phase plutôt marquée par l'information et la pédagogie, en 2017, ce sont 21 000 procès-verbaux qui ont été dressés à Paris. L'idée sous-jacente est naturellement de faire évoluer les mentalités et les comportements, en utilisant la dimension préventive de la répression.
C'est désormais Lille qui se lance dans le même combat après une année de sensibilisation. La ville du Nord ramasse, en effet, 18 tonnes de mégots chaque année, qui non seulement polluent l'environnement mais aussi constituent une véritable pollution visuelle dégradant l'image de la ville.
Bordeaux a quant à elle lancé l'objectif « Quartier zéro mégot », en partenariat avec l'association « ecomegot » qui explique avoir déjà collecté près d'un million de mégots.

Outre cette problématique des dommages causés dans les aires urbaines, il ne faut pas oublier que le mégot jeté en pleine nature est également un véritable fléau : première cause d'incendie, principal polluant des océans mais aussi des montagnes ! Chaque année, sous les piliers de télésièges de stations de ski, les mégots s'accumulent, polluent la neige et, en fondant, polluent les nappes phréatiques.

Le travail de sensibilisation doit être accentué pour faire prendre conscience aux populations des conséquences de ce geste devenu banal pour beaucoup. Mais lorsque l'on voit que certains « youtubeurs », ces nouveaux « princes de la jeunesse », expliquent que jeter un mégot est un geste classe, on perçoit le long effort à mener.

Il faut aussi concevoir des solutions spécifiques pour recycler et traiter ces déchets car les mégots, chargés de substances toxiques, sont des polluants sensibles qui ne peuvent pas être traités comme de simples ordures ménagères.

Une association comme ecomegot, par exemple, collecte à partir de bornes disposées dans des entreprises, plages ou rues, les mégots et les valorise en matière plastique. Les organismes recyclant les mégots se multiplient comme me-go, terracycle, greenminded...
De l'autre côté de l'Atlantique, Un jeune californien a, dans le même esprit, crée une planche de surf avec 10 000 mégots de cigarettes.

Ce positionnement « vert » représente un véritable marché, sur lequel des acteurs économiques peuvent également se positionner.
Les initiatives des communes, des associations, des particuliers, des acteurs économiques émergent. Pour qu'elles atteignent la dimension suffisante, à la hauteur de l'enjeu, les pouvoirs publics doivent s'investir sur ce dossier essentiel.


Bonne lecture,

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