Editorial

L'industrie du tabac condamnée à financer la pub antitabac !

Big Tobacco a tout tenté, utilisant tous les artifices procéduraux, pendant plus de 11 ans. Mais la justice américaine a fini par trancher : les industriels du tabac doivent financer une campagne publicitaire américaine...antitabac !

C'est une longue histoire dont nous voyons ainsi l'aboutissement. Elle a démarré dans les années 1990, avec la publication contrainte des archives des cigarettiers. Les tobacco papers ont révélé ce que l'on imaginait aisément : la parfaite connaissance de la dangerosité du tabac par les industriels, leurs stratagèmes sordides pour miner les politiques de santé et semer le doute dans les esprits des consommateurs, leur focalisation sur le segment des plus jeunes.
Devant tant de cynisme sur le plan moral et tant d'incriminations possibles sur le terrain contentieux, la justice fédérale américaine réagit.

En 1999, Le gouvernement américain porte ainsi plainte contre ces industriels. Une première décision les condamnera à verser des centaines de milliards de dollars notamment pour publicité mensongère. Plus tard, en 2006, les multinationales de tabac seront condamnées à financer des messages télévisés et dans la presse dans lesquels ils doivent reconnaître leurs mensonges.

Assistés des meilleurs cabinets d'avocats, les industriels du tabac auront utilisé toutes les ressources de la procédure, toutes les astuces juridiques, pour essayer d'échapper à cette condamnation qui détruirait, un peu plus, leur image. Au bout de 11 ans de procédure, toutes leurs manoeuvres dilatoires ont échoué. Depuis le 26 novembre dernier, sont apparus les premiers « spots » télévisés : 260 diffusions par semaine durant un an sur les principales chaînes et aux heures de plus grande audience. 50 journaux, pendant 6 mois, relayeront également cette campagne antitabac entièrement à la charge des industriels.

Le film diffusé est simple, sur fond blanc, un texte apparaît : « la cour fédérale a décidé que Altria, R.J Reynolds Tobacco, Lorillard et Philip Morris USA ont délibérément trompé les Américains au sujet des effets de la cigarette sur la santé et a ordonné à ces compagnies de faire cette déclaration », ou encore : «voici la vérité, fumer tue en moyenne 1200 Américains chaque jour... ».



Un texte et une mise en scène simples, mais un aveu terrible, contraint mais public, qui ne peut que mettre à mal l'image de ces groupes qui font beaucoup d'efforts pour se présenter faussement comme des entreprises responsables.

En 1954, le Président de Philip Morris avait pourtant déclaré : «si nous avions connaissance, de quelque façon que ce soit, que nous vendions un produit nocif pour les consommateurs, nous arrêterions les affaires demain.» 63 ans plus tard, demain est toujours repoussé à plus tard !

Une campagne exposant si limpidement l'hypocrisie, pour ne pas dire plus, des cigarettiers, semble pour l'heure peu probable en France.

Toutefois, notre pays cherche aussi à agir fortement contre le tabagisme. La semaine dernière, l'Assemblée nationale a ainsi adopté, en seconde lecture, la hausse de la taxation du tabac devant conduire à un paquet au moins à 10 euros.
La même semaine, s'est aussi achevée la seconde opération Moi(s) sans tabac. Même s'il est trop tôt pour évaluer pleinement le succès de ce cru 2017, ce sont tout de même 157 000 inscrits et 706 000 kits d'aides à l'arrêt distribués. Pour rappel, 28 jours sans fumer, c'est cinq fois plus de chances d'arrêter :


Bonne lecture,






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