Editorial

Taxation et Prix du tabac, enfin un plan ambitieux !

Le gouvernement a fait le choix d'une hausse forte de la taxation du tabac, afin d'arriver à une augmentation des prix, dans le but d'endiguer l'épidémie du tabagisme en France. Si la hausse de prix n'est pas l'unique levier pour inverser la courbe de prévalence tabagique, elle demeure l'un des instruments les plus efficaces. Accompagnée notamment d'un vrai effort de prévention, auquel le futur Fonds de prévention du tabagisme doit apporter les financements indispensables, cette hausse devrait contribuer à la réduction de la consommation de tabac et avoir des impacts positifs pour nos comptes sociaux.
Avec 73 000 morts par an, le tabagisme représente la première cause de mortalité évitable en France, plus que le sida, l'alcool, les drogues, le suicide et les homicides réunis. Outre les drames humains ainsi causés par le tabac, il ne faut pas oublier que le coût social et sanitaire du tabac représente, chaque année, près de 120 milliards d'euros dans notre pays. Rien qu'en dépenses de santé, le tabac, c'est 26 milliards d'euros. A comparer avec les 11 milliards d'euros de droits d'accise qu'il génère.

Face à ce fléau de santé publique et à ce coût démesuré pour les comptes sociaux, il était plus que temps d'agir et d'utiliser la taxation pour faire pression à la hausse sur les prix. En effet, des dizaines d'études internationales établissent l'impact d'une augmentation de la taxation et des prix sur la consommation de tabac.

Or, à part les hausses ambitieuses voulues par Jacques Chirac en 2002-2003, le recours à l'arme fiscale contre le tabac a toujours été trop faible et trop irrégulier pour produire des effets.

Le 20 septembre, nous avions déjà pu apprécier l'objectif ambitieux de hausse, révélé dans un communiqué de presse commun d'Agnès Buzyn et de Gérald Darmanin : Avec une hausse de 1 EUR en mars 2018, suivie de 3 hausses de 0,50 EUR, en avril et novembre 2019 et avril 2020, le paquet en novembre 2020 devrait atteindre les 10 euros après une dernière hausse de 0,40 EUR.

Puis, c'est la publication au JO d'un arrêté du 22 septembre, signé des mêmes deux ministres, qui réalisait, avant même l'objectif indiqué ci-dessus, une première étape sur ce terrain de la fiscalité du tabac, en augmentant le minimum de perception à 231 euros pour 1000 cigarettes et à 177EUR pour 1000 grammes de tabac à rouler.
La présentation du PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) 2018, le 28 septembre, a confirmé le sérieux des intentions gouvernementales : utilisation intelligente des différentes variables de la taxation du tabac pour arriver à une pression forte à la hausse du prix des cigarettes, sans négliger le tabac à rouler ainsi que les cigares et cigarillos.
Seul bémol : la Corse, sur laquelle le Gouvernement avance lentement sur le chemin de l'alignement de la fiscalité du tabac en Corse sur celle du Continent, et avec des dispositions dont les effets ne devraient probablement pas être décisifs.
Or, cet alignement est indispensable, d'autant plus que nous sommes en infraction au regard du droit de l'Union européenne, et que nos compatriotes corses en sont les premières victimes, puisque 25% de taxation du tabac en moins en Corse sont à mettre en relation avec les 26% de cancers du poumon en plus dans l'île de Beauté.

Ces augmentations sont ainsi conformes aux annonces du Président lors de sa campagne. Nous saluons cette fidélité à ce qu'il avait promis, ainsi que la détermination d'Agnès Buzyn dont nous connaissons le rôle décisif dans ces annonces importantes pour la lutte contre le tabagisme en France.

Nous vous invitons à prendre connaissance également du dernier décryptage de l'ANPAA sur "le métier de buraliste" auquel DNF a participé. Vous pourrez le lire ici.

Bonne lecture,

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