Editorial

Tabagisme ultra-passif, ces microparticules qui polluent votre intérieur pour des années.

Si le tabagisme passif est désormais connu de tous, il n'en va pas de même du tabagisme « ultra-passif ».
Par cette expression, on désigne l'exposition aux résidus de fumée accumulés sur les meubles, les sols ou encore les rideaux et tissus d'ameublement d'une maison.

Outre-Atlantique et notamment au Canada, c'est un sujet souvent abordé dans les médias avec des recommandations simples pour limiter la pollution tabagique à l'intérieur du domicile. En effet, de nombreuses études démontrent la nocivité de ces particules qui peuvent rester jusqu'à plusieurs années dans votre domicile. L'université de Berkeley vient ainsi de publier une nouvelle étude qui démontre que le tabagisme ultra-passif affecte notre système immunitaire et augmente le risque de développer un diabète de type 2. Les chercheurs ont pour cela mené leurs expériences sur des souris « enfants » et « adultes », en plaçant dans leurs cages des tissus préalablement traités à la fumée de cigarette. L'étude montre que si les effets sur le poids étaient temporaires, il n'en allait pas de même pour les changements du nombre de globules blancs et pour les réactions inflammatoires et allergiques.

Déjà en 2014, l'université de Berkeley s'était associée à l'université de Clermont-Ferrand pour une étude sur la pollution tabagique dans une pièce fermée durant 18 heures. Les chercheurs avaient ainsi constaté que les polluants (en particulier le carbone, les furanes et les nitriles) étaient restés dans l'air durant toute l'étude, leur concentration excédant même pour certains le seuil dangereux après 18 heures. (Pour en savoir plus )

Malheureusement, les études montrent que les principales victimes de ce tabagisme passif sont les enfants, tout particulièrement ceux en bas-âge. En effet, ils soulèvent plus souvent ces particules dangereuses en jouant et mettent plus facilement leurs mains dans la bouche. Pis encore, même si la recherche sur le tabagisme ultra-passif demande encore à être amplifiée, il semblerait que ces résidus sont au moins aussi nocifs et possiblement plus encore que le tabagisme passif. Les conséquences pourraient être multiples : problèmes respiratoires, cancers, diabète, maladies cardiovasculaires.

Or, comme le notait l'un des auteurs de l'étude, de nombreux fumeurs pensent sincèrement protéger leurs enfants, en ne fumant à leur domicile qu'en l'absence de ceux-ci. Comme d'autres fumeurs, avec les mêmes louables intentions, fument au-dessus d'une hotte, ou à la fenêtre, ou aèrent après avoir fumé, tous comportements sans réelle efficacité pour protéger leurs proches.

Dans ce contexte, le principe de précaution doit prévaloir. Compte tenu du risque, notamment pour les enfants, les fumeurs devraient adopter la seule attitude responsable possible : ne JAMAIS fumer chez eux.

Si la recherche a un grand rôle à jouer pour éclairer plus encore ce phénomène méconnu du tabagisme ultra-passif, c'est à nous tous, institutions en charge des politiques de santé publique, associations anti-tabac, professions de santé, citoyens, parents, conjoints, proches, d'aider les fumeurs à prendre conscience de ce nouveau danger porté par leur addiction. C'est une nécessité pour la protection de nos enfants.

Bonne lecture,

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