Editorial




Professionnels de santé : L'heure de la mobilisation contre le tabagisme a sonné !

Les politiques publiques destinées à faire chuter le taux de prévalence tabagique doivent impliquer les professionnels de santé. Sans eux, leur réussite est compromise. En effet, le professionnel de santé, quel que soit sa spécialité, devrait jouer un rôle central dans la prévention et l'aide à l'arrêt du tabac chez des patients qu'il connaît bien. Il est leur interlocuteur de confiance idoine.

Au-delà du rôle d'information sur les dangers du tabac et les bénéfices à l'arrêt, il peut aussi assurer un suivi et contribuer à la réussite du sevrage. La loi de modernisation de notre système de santé est allée dans ce sens, en élargissant la liste de professionnels susceptibles de prescrire des substituts nicotiniques. La Haute autorité de santé avait déjà, fin 2014, publié sa Recommandation de bonne pratique pour l'Arrêt de la consommation de tabac du dépistage individuel au maintien de l'abstinence en premier recours ( Lien). Cependant, les professionnels de santé restent peu mobilisés sur ce sujet de santé public essentiel.
Dès 2005, l'Organisation mondiale de la santé s'en était alarmée, élaborant un rapport très complet appuyé sur les études menées dans toutes les parties du monde pour comprendre cette faible mobilisation. Ce rapport relevait, notamment, les principaux obstacles rencontrés. Malheureusement, dix ans plus tard, le constat reste d'actualité :


- Le manque de connaissances et de compétences au sujet du tabac. En règle générale, les programmes de formation sur le tabagisme des professionnels de santé sont largement insuffisants. L'immense majorité des professionnels de santé n'a pas eu de formation adéquate, complète et actualisée sur le sujet et ne connaît guère que des généralités sur les dommages causés par le tabac. Selon le baromètre médecin généraliste 2009, seuls 5 % de ces derniers participent à un réseau « tabac » alors qu'ils sont 17,1 % à s'investir dans le diabète.
- Le manque de conviction dans les différents ordres professionnels : Les organismes regroupant chaque spécialité n'adhérent pas tous aux initiatives antitabac. Il y a encore un long chemin avant que toutes les spécialités (dentiste, gynécologue, infirmier, kinésithérapeute, pédiatre, ...) intègrent le fait que la prévention du tabagisme et le conseil à l'arrêt font partie intégrante du protocole de prise en charge d'un patient.
Pourtant, le rapport de la cour des comptes souligne en annexe (page 297) « l'intervention la plus efficace semble être de former les professionnels de santé à des interventions visant à l'arrêt du tabac. Les professionnels qui savent prescrire une date d'arrêt augmentent la probabilité d'arrêt de 1 400 % sur la base de trois études. »
- La consommation de tabac chez les professionnels de santé . C'est un point à ne pas négliger : les professionnels de santé sont eux-mêmes touchés par l'épidémie industrielle du tabagisme, souvent dans des pourcentages supérieurs au reste de la population. Il est dès lors difficile pour un praticien fumeur d'intervenir de manière précise et engagée afin d'inciter son patient à arrêter de fumer !
- Le manque de temps. Beaucoup des professionnels de santé ont une lourde charge de travail. Le temps de la consultation se réduit ainsi de plus en plus, privant le praticien du temps nécessaire pour interroger le patient sur sa consommation ou sa motivation à l'arrêt du tabac, ou pour assurer un suivi durant une consultation.

Si l'implication, la détermination et la présence du professionnel de santé est sans doute un atout incomparable dans une stratégie efficiente de lutte contre le tabac, il est nécessaire que les fumeurs soient également arrivés à la prise de conscience qui leur permet d'envisager l'arrêt et ils doivent se sentir motivés et encouragés pour sauter le pas.

Depuis longtemps, notre association attendait une opération d'envergure pour inviter les fumeurs à arrêter le tabac. C'est pourquoi nous nous réjouissons de l'opération du Moi(s) sans tabac. Ce sera donc le Mois de l'arrêt. Un challenge où tous les fumeurs français sont invités à rejoindre le mouvement de l'arrêt du tabac à partir du 1er novembre. Pour cela, le ministère de la santé et Santé publique France ont développé un site dédié, qui compte déjà 7000 personnes inscrites, (siteweb ), une application, un kit et une vaste campagne de communication, comprenant des très nombreuses animations à travers la France, des spots télévisés ( voir ici) , une campagne radio et un partenariat avec la série « Plus belle la vie » ainsi que des pages spéciales sur les principaux réseaux sociaux dont facebook. Un mois sans fumer offre cinq fois plus de chances d'arrêter. Cette opération, inspirée de celle mise en place au Royaume-Uni depuis de nombreuses années, a déjà fait ses preuves. Nous soutenons tous ceux qui profiteront de ce grand élan national pour essayer de se libérer du tabac. Vous pouvez, vous aussi, être en soutien des personnes de votre entourage, de votre entreprise, de votre établissement scolaire, de votre café-restaurant habituel. Dans tous vos lieux de vie, il y a des fumeurs désireux d'arrêter et qui ont besoin de votre appui ! Tous nos adhérents et sympathisants peuvent s'adresser à nos associations régionales DNF pour obtenir les supports du Moi(s) sans tabac, ou s'inscrire directement sur le site internet officiel afin de soutenir un fumeur qui partage au challenge ou télécharger la documentation.


Dans ce contexte, et pour soutenir la mobilisation autour de l'arrêt en cette fin d'année, l'alliance contre le tabac, dont DNF est membre fondateur, avec le soutien de tous les Ordres professionnels du secteur de la santé, a lancé L'appel des 100 000 » . Par cette appel, l'Alliance et ses organisations membres espèrent amener les professionnels de santé à s'engager sur la base d'une plateforme commune. Les professionnels de santé sont invités à signer un texte dans lesquels ils font le constat du lourd fardeau que fait peser le tabac en termes sanitaires et socio-économiques, et dans lequel ils s'engagent à :

o Évoquer avec chacun de leurs patients leur consommation de tabac.
o Cibler en priorité pour les alerter des dangers du tabagisme : les jeunes, les femmes enceintes, les populations fragiles ou en difficulté.
o Promouvoir les méthodes ou produits favorisant le traitement de la dépendance au tabac et s'inscrire dans la dynamique de l'opération Moi(s) sans tabac.
o Ne pas laisser un fumeur les quitter sans un conseil approprié ou la remise d'un document écrit ou sans l'orienter vers son médecin traitant (et pour le médecin traitant, à continuer à le motiver et à l'engager dans une démarche de sevrage adapté à son cas : suivi renforcé, prescription, recours à un tabacologue...).
o Rappeler aux parents la nécessité de protéger leurs enfants en cessant de fumer.

Nous connaissons tous un professionnel de santé, n'hésitez pas à l'inviter à signer l'Appel et diffuser cette initiative !

Bonne lecture,

Actualités

Domicile

Publicité interdite

Entreprises

Cliniques et hôpitaux

Établissements scolaires

Conformément à la loi Informatique et Libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des informations vous concernant auprès de DNF par Internet en écrivant à webmaster@dnf.asso.fr ou par courrier, 13 rue d'Uzès - 75002 PARIS. Pour vous désabonner, cliquez sur le lien suivant : {LINKS}.