Editorial

Comment atteindre un jour une génération sans tabac dans des lycées (encore) enfumés ?


La rentrée est toujours le moment de l'année où des sujets clivants font l'actualité. Pour les nombreux lycéens, collégiens, enseignants et parents, la rentrée marque le début d'une période de vie commune qui va durer plusieurs mois. Il est donc indispensable, que des règles de vie puissent être claires et respectées dès le début.

La ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a rappelé le 25 août, lors de la réunion préparatoire de rentrée scolaire devant un panel de personnels de direction des établissement scolaires que l'interdiction de fumer dans les établissements d'enseignement devait être scrupuleusement respectée, ne donnant ainsi aucune latitude aux proviseurs pour déroger à la loi Évin malgré les consignes de sécurité applicables aux établissements scolaires en raison du risque d'attaque terroriste.

Cependant, des voix se font entendre laissant croire qu'une dérogation à cette interdiction s'avère indispensable (article le parisien) .

Malgré la mobilisation des parents d'élèves opposés majoritairement à la réintroduction du tabac dans les écoles ; malgré la vive opposition des organismes et associations de santé publique qui ont exprimé leur préoccupation ; malgré les décision de justice obtenues par DNF et le CNCT condamnant les proviseurs qui avaient pris la décisions de réintroduire le tabac dans les lycées ; malgré les positions fermes exprimées et rappelées par les Ministres de la santé et de l'éducation nationale, certains établissements font déjà de la résistance et ont décidé d'enfreindre la loi. Nous recevons, en effet, de nombreuses plaintes de parents dépités de voir que des lieux qui devraient être exemplaires redeviennent des lieux d'apprentissage et d'entrée dans le tabagisme.

Rappelons-le, le tabac tue chaque année 78 000 Français. Pour remplacer les fumeurs décédés précocement, les adolescents sont précisément la cible prioritaire de l'industrie du tabac. Parmi eux, plus de 200 000 entrent dans le tabagisme chaque année, 40% des moins de 17 ans fument ! Renormaliser l'acte de fumer en milieu scolaire est ainsi un acte totalement irresponsable assumé par ceux qui devraient protéger nos enfants.

Un lycéen qui ne peut pas se passer de fumer entre deux cours est déjà victime d'une dépendance qui devrait mobiliser son entourage pour l'aider à s'en sortir. Les lieux sans fumée de tabac ont été créés dans un objectif de réduction du risque et de débanalisation de l'acte de fumer.

La Loi Evin et ses dispositions réglementaires sont parfaitement claires : l'interdiction de fumer s'applique dans toute l'enceinte des établissements scolaires, y compris dans les espaces à l'air libre. En dérogeant discrétionnairement à la loi, ces proviseurs commettent ainsi une infraction pénale ; ils sont susceptibles d'être condamnés à titre personnel.

Il est désormais impossible d'ignorer que le tabac constitue un fardeau économique, sanitaire et social que notre pays ne peut pas continuer à porter. Envisager une génération sans tabac c'est considérer que nous pouvons imaginer un futur où nous serons libérés de ce fardeau. Il faut encore que chacun d'entre nous, et en particulier ceux qui sont responsables d'accompagner nos enfants dans l'apprentissage de la vie, puissent être capables de comprendre qu'ils ont un rôle déterminant à jouer.

Oui, le risque d'attaque terroriste est une préoccupation à laquelle il faut porter toute notre attention, mais bien d'autres moyens peuvent être mis en place pour éviter les attroupements extérieurs pendant les interclasses, alors pourquoi le faire au détriment de la protection contre le plus grand fléau évitable de santé publique que le monde n'ait jamais connu ?

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