Editorial

Interdiction de fumer dans les lieux publics : Une application encore trop inégale.

Presque 10 ans après que le Décret Bertrand rendait enfin effective en droit l'interdiction de fumer dans les lieux publics, instaurée par la loi Evin près de 15 ans avant, où en est-on ?

Malheureusement alors que les dommages causés par le tabagisme passif sont parfaitement documentés, que l'importance de la dénormalisation du tabac dans les lieux publics est bien connue, l'interdiction de fumer dans ces lieux demeure imparfaite, discontinue et inégale.
C'est le diagnostic clair qui émerge d'une étude publiée dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, le 25 mai 2016. Cette étude, réalisée par des experts de l'OFDT (Observatoire français des drogues et toxicomanies) et de l'agence nationale Santé publique France, repose sur l'analyse des questions de la vaste enquête « Baromètre santé », relatives à l'exposition à la fumée du tabac dans les lieux publics.

Sans vouloir assommer nos lecteurs de chiffres, les principaux enseignements de cette enquête sont les suivants : 15% des actifs occupés ont été exposés sur leur lieu de travail à la fumée de tabac des autres au cours des 30 derniers jours ; dans les restaurants, 9% des clients sont dans le même cas ; dans les bars, ce chiffre monte à 30%, et dans les discothèques à 40%.
Pis encore, 76,8% des lycéens et étudiants de plus de 15 ans ont déclaré avoir été exposés dans un lieu d'enseignement (école, lycée, université). Alors que l'école devrait être un lieu d'exemplarité, de prévention de l'addiction tabagique, on constate ainsi qu'elle est devenue le lieu fumeur par excellence !

Voilà qui émet une lumière crue sur l'irresponsabilité de certains proviseurs qui ont choisi de réintroduire illégalement des zones fumeurs dans leurs établissements et qui pour certains, malgré la victoire judiciaire remportée par DNF et le CNCT, persistent dans l'illégalité.

A DNF, nous devons tristement confesser que cette étude ne nous surprend pas, puisque dès 2009, nous avions dénoncé cela, appuyé sur les retours que nous avions et sur une étude TNS-Direct pour DNF.

Nous n'en sommes pas surpris, puisque nous sommes très régulièrement contactés par des victimes du tabagisme passif dans des lieux publics, notamment au travail ou dans les transports.

Nous n'en sommes pas surpris, puisque nous n'avons eu de cesse de nous alarmer de la persistance des infractions, de l'absence de contrôles par les nombreuses autorités habilitées à les exercer, de l'atonie du Ministère public sur ce dossier, de la faiblesse insigne des condamnations prononcées dans les affaires que nous réussissons avec nos faibles ressources à engager.

Nous n'en sommes pas surpris, mais nous ne sommes pas résignés à cet état de fait.
Les non-fumeurs ont droit à la protection contre le tabagisme passif, nos enfants doivent être protégés contre l'entrée dans l'addiction tabagique, force doit rester à la loi.

DNF continue le combat pour une France et un Monde sans Tabac.

Bonne lecture,

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