Editorial

Terrasses polluées par la fumée : Bientôt la fin du suspens

Certains cafetiers et restaurateurs demeurent encore persuadés que les fumeurs sont plus nombreux et consomment plus que le reste de la population. La terrasse « fumeur » est donc, depuis 2008, devenue un nouvel espace de concurrence entre professionnel de la restauration.
Très rapidement, après la mise en place du décret d'interdiction de fumer, les terrasses fermées et couvertes réservées la plupart du temps à la consommation de tabac ont proliféré au mépris de la protection contre la pollution tabagique.

L'association a pris très sérieusement le problème en main et après une vaste étude de mesure de pollution dans ces lieux (publiée au Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire), l'équipe DNF a décidé de demander au juge de redire la loi aux restaurateurs peu scrupuleux. Ce n'est pas faute d'avoir tenté d'alerter les services de police où les restaurateurs eux-mêmes, mais puisque les démarches à l'amiable ne sont pas entendues, il est nécessaire d'intervenir plus fermement afin de mettre fin à cette dérive qui prend des proportions importantes.
N'oublions pas que le décret d'interdiction de fumer a pour but de protéger la population, et particulièrement les salariés, de la fumée de tabac dans tous les lieux à usage collectif. Or, lorsque les taux de pollution relevés dans ces espaces sont supérieurs à la pollution du périphérique parisien en heure de pointe, il serait criminel de ne pas intervenir pour protéger salariés et clients présents dans ces terrasses, souvent passage obligatoire pour rentrer dans le restaurant ou le café proprement dit. Un syndicat de la restauration est naturellement monté au créneau en essayant de stigmatiser l'action de DNF, allant même jusqu'à prétendre que ces terrasses enfumées étaient le dernier espace de liberté des fumeurs dont l'extrême dépendance au tabac d'une infime minorité est une véritable prison qu'ils voudraient faire partager aux serveurs et au reste de la population.

L'objectif de DNF est d'obtenir le respect de l'interdiction de fumer dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public, ce qui est notoirement le cas de 90% des terrasses qui se sont multipliées et agrandies depuis le 1er janvier 2008. Les niveaux de pollution y sont alarmants, y compris dans l'espace intérieur de l'établissement, car les portes ouvertes sur leurs terrasses créent des appels d'air qui génèrent des taux de particules fines particulièrement élevés comme le prouve l'enquête comparative effectuée en 2008. On ne peut pas ignorer que dans certains de ces établissements et dans leurs terrasses les taux de particules fines relevés sont nettement plus importants que ceux qui ont récemment incité les pouvoirs publics à diminuer de 20 km/h la vitesse limite de circulation des automobiles dans Paris.
La décision de la cour d'appel de Paris statuant sur ces terrasses enfumées a été repoussée à 3 reprises. Chaque fois qu'un journaliste a souhaité nous interroger sur cet évènement, nous lui avons conseillé de se rendre, au préalable, dans une de ces terrasses, et cela a été suffisant pour le convaincre du bien-fondé de notre action. La décision de justice, très attendue, ne sera connue que le 11 mai 2012.... Juste après les élections !
Souhaitons que la justice ait enfin le courage de condamner ces pratiques anachroniques qui ne peuvent trouver leur justification que dans l'appât du gain au détriment de la santé de la population et particulièrement des centaines de milliers de salariés des cafés et des restaurants.

Mais au résultat, à qui profite le crime ? Principalement au fabricant de tabac et à celui qui commercialise ce poison. Egalement aux municipalités qui peuvent désormais taxer plus cher les terrasses fermées et en voir démultiplier les surfaces. Par contre, les cafetiers « paient les pots cassés », victimes du matraquage mercatique d'une industrie sans foi ni loi qui s'obstine à démontrer, contre toute évidence, que la pollution tabagique renforcerait la commercialité des commerces.
Ainsi, dans les restaurants où l'on peut enfin respirer, le chiffre d'affaires a augmenté de 11.7% depuis 2007 alors que dans les cafés majoritairement enfumés à cause de leurs terrasses, le chiffre d'affaires a chuté de 11.6% pendant la même période. (indices officiels de l'INSEE)

Bonne Lecture,

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