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Éditorial

Que faire des mégots ? Brune Poirson à l’offensive Les mégots sont l’un des principaux déchets polluants retrouvés dans les rues, les stations d’épuration, les montagnes, les rivières et les océans. Rien qu’en France, ce sont près de 30 milliards de cigarettes jetées par terre chaque année. Outre le préjudice immense pour l’environnement, la santé et la salubrité publique, cela a un coût financier et il est très élevé. Or, pour l’heure, ce sont les seules collectivités publiques qui assument ce coût du ramassage des mégots. De plus, ces derniers n’ont pas un traitement spécifique parmi les déchets ramassés, alors qu’ils sont composés de plus de 4000 produits chimiques. La secrétaire d’Etat Brune Poirson, en charge auprès du Ministre d’Etat des questions de développement durable, s’est attaqué depuis cet été à cette problématique. Déplacements choisis judicieusement, rencontres avec des acteurs du développement durable, communications décalées et percutantes, elle est sur tous les fronts sur ce dossier des mégots. Brune Poirson a également rencontré les industriels du tabac et leur a demandé de revenir avec des propositions inspirées du concept du pollueur-payeur. Elle a aussi demandé des propositions précises sur le recyclage ou sur la conception de filtres moins polluants. La secrétaire d’Etat a été peu satisfaite, c’est un euphémisme, des retours de l’industrie : apposer un message du type « jeter son mégot pollue », financer des études sur les incivilités et des campagnes de sensibilisation, distribuer des cendriers de poche… Comme d’habitude, l’industrie du tabac tente de se défausser de sa responsabilité propre, celle de fabriquer et vendre des produits très polluants, sur les incivilités des fumeurs « libres et responsables » qu’il faudrait en quelque sorte « responsabiliser plus » (sic). Comme à leur habitude également, les cigarettiers refusent de payer pour financer le ramassage et le traitement des mégots. Le souhait pourtant légitime de leur faire supporter ce coût est partagé au-delà de nos frontières. C’est ainsi, par exemple, que la région de Bruxelles a demandé officiellement à l’industrie du tabac de régler les frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue. La Commission et le Parlement européen travaillent aussi sur ce sujet. Le débat n’en est pas moins complexe. En effet, si une taxe nouvelle ou une affectation d’un pourcentage supplémentaire d’une taxe existante sur le secteur tabac semblent plus que nécessaires, une éco-contribution aurait quant à elle des conséquences possiblement problématiques. Dans le cadre de la législation existante, tant au niveau européen que français, une éco-contribution va en effet de pair avec l’institution d’un éco-établissement, une structure dans laquelle l’industrie pollueuse siège avec les pouvoirs publics. Cela semble difficilement compatible avec l’article 5.3 de la Convention-cadre de lutte anti-tabac de l’OMS qui interdit, en principe, les relations entre les autorités publiques et cette industrie si particulière. Le sujet des mégots et les solutions à trouver à cette nuisance majeure pour l’environnement demeurent donc un « vaste programme », pour paraphraser le général de Gaulle. Sur cette question essentielle, DNF vous propose cette infographie à partager massivement à vos contacts.

Bonne lecture,

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