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Éditorial

Novembre, relever le défi  !

Lutter contre le tabagisme est un défi de tous les jours, mais ce mois de novembre est particulièrement fort sur ce terrain. 

En effet, le 1er novembre, c’était d’abord le lancement officiel du « Moi(s) sans tabac ». Après le succès de la première édition, c’est une opération encore mieux conçue et plus ambitieuse qui permettra à un public très large d’essayer ensemble d’arrêter de fumer. Diversité des approches, des accompagnements, des acteurs engagés, des événements, des territoires, c’est cette pluralité qui fait la force de ce projet fédérateur dont nous avons parlé dans notre précédent éditorial.

Mais ce mois de novembre, c’est aussi la discussion au Parlement du PLFSS 2018 (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018). Or, ce texte essentiel contient un article 12 qui prévoie de fortes augmentations de la taxation du tabac, afin d’atteindre l’objectif du paquet de cigarettes à 10 euros en trois ans. Cet article n’oublie pas non plus la taxation des cigares et cigarillos en forte hausse ni le tabac à rouler, ce dernier ayant déjà été augmenté sensiblement sous la précédente mandature. Il reste malheureusement en retrait sur la Corse dont, malgré le mouvement amorcé par ce PLFSS, la taxation réduite sur le tabac demeurera ainsi dans l’illégalité au regard du droit de l’Union européenne qui imposait son alignement sur la fiscalité continentale. 

Le 31 octobre, les députés ont voté, en première lecture, à 354 voix contre 192 et 13 abstentions, ce PLFSS et notamment son article 12. C’est une étape essentielle, même si le texte a encore un long parcours parlementaire au cours de ce mois de novembre. Il faut noter et saluer le fait que le Gouvernement et sa majorité parlementaire n’ont pas cédé au lobbying toujours actif de l’industrie du tabac, de la Confédération des buralistes et de leurs amis sur le terrain parlementaire, certes diminués par le renouvellement profond de l’Assemblée nationale mais n’ayant pas disparu de celle-ci. Le Premier ministre, la Ministre de la Santé Agnès Buzyn, mais aussi Gérald Darmanin dans un rôle auquel ses prédécesseurs à Bercy ne nous avaient pas habitué, ont clairement maintenu la barre de la promesse de campagne du Président Macron  : le paquet à 10 euros. 

Outre l’engagement déterminé pour une politique fiscale et des prix ambitieuse, Agnès Buzyn a eu des paroles marquantes pour la dénormalisation du tabac. Pour n’en prendre qu’un exemple, dans l’émission le Grand Jury sur RTL , « Il faut que les Français prennent conscience que fumer, c’est anormal ! » a-t-elle déclaré. 

Cela fait des années que DNF mène le combat sur la taxation du tabac et sur la dénormalisation de ce produit mortifère. Nous ne pouvons qu’exprimer notre vive satisfaction de voir ainsi les plus hautes autorités de l’Etat afficher ces positions et tenir ce type de discours. 

Le recours à l’instrument de la fiscalité pour lutter contre l’épidémie industrielle de tabac, il vient de faire encore l’objet d’un rapport essentiel de la Banque mondiale, «  Tobacco Tax Reform  ». Nous y apprenons ainsi que la France, depuis 1980, a divisé par 4 les morts par cancer du poumon notamment grâce à la fiscalité. Une politique de prix bien menée permet de sauver des vies. C’est un élément clef pour tous les pays du monde et, tout particulièrement, pour ceux en voie de développement. L’Afrique concentre de nombreuses inquiétudes tant le tabagisme y progresse. Au-delà des drames humains, les conséquences de ce tabagisme de masse seront désastreuses pour les finances publiques et les comptes sociaux de ces pays. Les populations pauvres sont les plus touchées par cette pandémie, et les foyers avec un fumeur sont appauvris davantage que les autres. 

En conclusion de ce rapport, la Banque mondiale indique que la fiscalité peut sauver des millions de vies, réduit les pauvretés et permet des investissements alternatifs (moins de culture de tabac nocive pour l’environnement et les paysans). C’est aujourd’hui l’un des moyens les plus simples pour prévenir le tabagisme à travers le monde. C’est aussi l’un des moins coûteux pour les finances publiques.    En France, ce mois de novembre 2017 sera peut-être considéré, dans l’avenir, comme celui où nous aurons, enfin, relevé le défi  !    Bonne lecture,             

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