Depuis le 1er février 2007, il est formellement interdit de fumer dans tous les lieux couverts ou fermés affectés à un usage collectif (R.3511-1 du Code de la Santé Publique).
Une obligation de sécurité incombe à l’employeur vis-à-vis de ses salariés qu’il doit protéger du tabagisme passif. Le décret du 15 novembre 2006 vient ici renforcer une jurisprudence de la Chambre sociale de la Cour de Cassation en date du 29 juin 2005. L’employeur a désormais la responsabilité de tout mettre en œuvre pour faire respecter l’interdiction de fumer dans l’entreprise.
Il ne s’agit pas d’une obligation, mais d’une simple faculté. Sauf dans les lieux fréquentés par des mineurs (lieux accueillant des apprentis, dispensant des formations, permettant des pratiques sportives), il est possible d’installer des emplacements réservés aux fumeurs répondant à un certain nombre de conditions (articles R.3511-2 à R.3511-6).
Les fumeurs qui souhaiteraient aller fumer dehors doivent demander pour cela une autorisation de sortie.
L’employeur qui décide de créer un local fumeur doit :
Veiller à la protection des non-fumeurs
* CHSCT Comité d’hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail. ** L’article R.3511-5 ne concerne que les entreprises qui sont soumises au code du travail, étant précisé que la fonction publique est, elle aussi, soumise au code du travail pour la règlementation relative à l’hygiène, la sécurité, la médecine professionnelle et préventive.
Au titre de l’article L3512-4 du Code de la santé Publique, les inspecteurs du travail font partie des agents assermentés pour effectuer les contrôles. Ils pourront donc constater les manquements à l’effectivité des mesures mises en œuvre dans l’entreprise pour lutter contre le tabagisme. Ils peuvent constater, et éventuellement sanctionner, notamment :
Ils peuvent être saisis par un salarié, par les institutions représentatives du personnel ou se présenter spontanément.
Tout salarié de l’entreprise exposé au tabagisme passif peut exercer un recours amiable adressé à l’employeur par courrier. Il peut également saisir l’inspection du travail ou le Conseil de Prud’homme, voire déposer une plainte en justice (des modèles d’intervention sont consultables sur ce site). Il peut également exercer son droit de retrait dans les conditions prévues par le code du travail
Les sanctions pour toute personne qui fume dans un lieu non autorisé sont essentiellement disciplinaires (avertissement, mise à pied, licenciement). Elles peuvent être également pénales (68 Euros) ou civiles si elles doivent dédommager une atteinte à la santé d’un tiers.
Le responsable des lieux ou l’employeur qui n’a pas mis en œuvre toutes les dispositions requises aux articles R.3511-1 à 8 du CSP encourt des sanctions pénales, amendes forfaitaires de 4e classe (135 Euros) pour la non-conformité des lieux ou absence de signalétique. Il risque aussi des poursuites pénales en cas d’incitation ou d’absence de mise en œuvre du dispositif de protection contre le tabagisme dans son entreprise. Sa responsabilité civile peut également être mise en cause si par sa négligence le tabagisme passif a mis en danger la santé d’un salarié